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La PEINTURE FRANCAISE du XVIIIe siecle Musee de L'ERMITAGE - L'HISTOIRE DE LA COLLECTION (French)La collection de peinture française du XVIIIe de l'Ermitage est l'une des plus riches et des mieux choisies du monde. Le Musée possède environ 400 œuvres dont la plupart sont d'excellente qualité et appartiennent aux peintres les plus réputés de cette époque. La naissance de cette collection est due aux acquisitions et aux commandes faites par Catherine II dans la seconde moitié du XVIIIe. Plus tard, entrèrent au Musée les œuvres qui firent leur apparition en Russie à l'époque de Pierre le Grand, ainsi que les tableaux exécutés par des maîtres français qui travaillèrent à la cour de Russie durant toute la première moitié du siècle. Au cours des XIXe et XXe siècles, la collection de peinture française continua à s'enrichir, quoique d'une manière moins intensive, grâce aux acquisitions, aux échanges entre le Musée et les résidences impériales et aux donations. D'importants enrichissements de la collection française eurent lieu aussitôt après la Révolution d'Octobre lorsque les plus belles œuvres des collections impériales et privées entrèrent au Musée. Il serait insuffisant d'envisager l'histoire de la formation de la collection de peinture française de l'Ermitage comme la chronique d'une galerie de palais, car cette histoire reflète en général l'évolution des goûts pour les beaux-arts en Russie. Cette évolution est directement liée à la formation de la culture russe dans son ensemble. La période préparatoire de l'activité collectionneuse en Russie peut être située au début du XVIIIe siècle, époque qui fut profondément marquée par la politique culturelle de Pierre le Grand. Ce dernier, entre autres, fit l'acquisition à l'étranger de remarquables œuvres d'art et invita à venir travailler en Russie de nombreux artistes, y compris des Français. Les premières œuvres d'importance de l'école française qui apparurent en Russie, furent les portraits de Pierre le Grand et de Catherine Ire peints par J. M. Nattier en 1717. A présent, ceux deux portraits sont conservés au Musée de l'Ermitage. La seconde étape de la préhistoire de la collection française sont les années 1740 — 1760, période où la culture française commence à exercer une emprise de plus en plus profonde sur les goûts artistiques de la cour de Saint-Pétersbourg. La Russie accueille alors un grand nombre d'artistes français dont l'activité se déploie dans trois directions: enseignement à l'Académie des Reaux-Arts qui vient d'être fondée dans la nouvelle capitale; réalisation d'importants travaux de décoration pour le Palais d'Hiver et les autres résidences impériales et, enfin, exécution de commandes très considérables faites par la cour et des particuliers. L'un des peintres français invités à la cour impériale de Russie, fut L. J. F. Lagrenée dont la Piété filiale passa de la collection de l'Académie des Reaux-Arts au Musée de l'Ermitage. Un autre Français, qui travailla comme professeur à l'Université de Moscou et comme peintre, fut J. L. De Velly; son œuvre la plus intéressante parmi celles qui sont conservées à l'Ermitage, est son Autoportrait. Le premier des peintres français qui s'intéressa à la vie russe, fut J.-R. Le Prince; il exécuta de nombreuses esquisses où il fixa les coutumes, les types, les costumes et l'architecture russe. Revenu en France, il s'en servit pour peindre des tableaux sur la «vie russe», créant ainsi le fameux «style russe» exotique. Plusieurs de ses œuvres font partie de la collection de l'Ermitage. Mais le plus illustre Français qui visita la Russie dans les années 1750, fut L. Tocqué. Il y était venu pour exécuter le portrait de l'impératrice Elisabeth. Avec lui, le «grand art» français fit son entrée dans l'empire des tsars. L'Ermitage possède le grand portrait de l'impératrice Elisabeth, les excellentes études qui le précédèrent, et plusieurs toiles du maître représentant des personnages de la haute société russe: le comte Ivan Chouvalov, la comtesse E. Golovkina, un jeune homme noble, ainsi que des œuvres réalisés en France: le Portrait du Dauphin, le Portrait du chanteur Jeliotte en Apollon, etc. Les années 1760 furent marquées par une activité collectionneuse très intense qui durera jusqu'à la fin du siècle. L'événement le plus important de cette époque fut la fondation du Musée de l'Ermitage qui devint bientôt l'un des plus riches musées européens. La première collection importante acquise en 1764 pour l'Ermitage fut celle du commerçant allemand Gotzkowski. Elle ne comprenait pas beaucoup de toiles françaises du XVIIIe siècle: deux scènes de chasse de J.-B. Oudry, les Noces d'Hippomène et d'Atalante de L. Boullogne et la Vestale de 1. Raoux. Il est intéressant de remarquer que deux tableaux sur quatre reçurent une atrribution erronée: les Noces d'Hippomène et d'Atalante furent attribuées à Bon Boullogne, tandis que la Vestale de Raoux le fut à J.-F. Courtin. La seconde entrée importante à l'Ermitage comprenait des tableaux exécutés sur la commande de Catherine II par de Machy, F. Casanova, .1. M. Vien et L.-M. Vanloo; tous ces peintres étaient protégés par Diderot. Néanmoins, le tableau de J. M. Vien Mars et Vénus, que le philosophe vantait comme un chef-d'œuvre, fut froidement accueilli à Saint-Pétersbourg. En même temps, Catherine confia à Diderot l'acquisition de la collection Gaignat avec laquelle entra à l'Ermitage le Triomphe de Galatée de J.-B. Vanloo. Bien que Diderot jouît d'un grand crédit auprès de Catherine, plusieurs tableaux acquis sur la recommandation de l'encyclopédiste ne plurent pas à l'impératrice et passèrent de l'Ermitage à l'Académie des Beaux-Arts. Tel fut le sort, en 1768, de Mars et Vénus et de Minerve de Vien, de Susanne et les vieillards de C. Vanloo, ainsi que d'une série d'esquisses de ce maître consacrées à la vie de saint Grégoire. Plus tard, ces œuvres retrouvèrent leur place au musée. Certains tableaux eurent une tout autre destinée. Ainsi, en 1766, on commanda à Chardin une Allégorie des Arts pour décorer une des grandes salles de l'Académie des Beaux-Arts; l'œuvre fut ammenée en Russie par Falconet et resta à l'Ermitage. En même temps, Falconet apportait comme don de Boucher à l'Académie son tableau Pigmalion et Galatée et de sa part l'Assomption de la Vierge de C. Vanloo; ces toiles se trouvent également dans la collection de peinture française du Musée de l'Ermitage. La même année était acquis encore un tableau fort célèbre, le Paralytique de Greuze, œuvre, dont Diderot exalta les vertus. Il ne faut pourtant pas croire que tous les tableaux acquis en France étaient de première qualité. On acheta, par exemple, en 1775, toute une série de tableaux médiocres de J. Hubert, consacrés à la vie de Voltaire pour leur intérêt iconographique et grâce à l'amitié entre leur auteur et le philosophe. En 1771— 1772, l'impératrice acheta à «son amie» Mme Geoffrin, en payant le double de leur valeur, les tableaux de C. Vanloo le Concert espagnol, la Lecture espagnole et son Autoportrait. A la fin des années 1760 et au début des années 1770, trois grandes collections, celle du comte Brùhl (1769) du collectionneur Tronchin (1770) et du baron Crozat de Thiers (1772) furent acquises pour l'Ermitage. Avec la première, entrèrent au musée plusieurs chefs-d'œuvre de l'art français du XVIIIe siècle: la Proposition embarrassante et la Sainte famille de Watteau; le Repos de Diane et l'Apparition du Christ à Marie-Madeleine de Ch. La Fosse, une Nature morte avec un lièvre de F. Desportes et deux toiles de N. Bertin sur des sujets tirés des contes de La Fontaine. Avec la collection Crozat, entrèrent à l'Ermitage trois tableaux de premier ordre de Watteau: Acteurs de la Comédie française, les Délassements de la guerre et les Fatigues de la guerre; des toiles remarquables de Ch. La Fosse, parmi lesquelles Agar au désert et la Rencontre de David et Abigaïl; la Punition de l'Amour de N. Vleighels; Diane et Actéon de L. Galloche et beaucoup d'autres encore. Parmi les tableaux datant du milieu et de la seconde moitié du XVIIIe siècle qui appartenaient à la même collection, il faut mentionner le Paysage avec un étang de F. Boucher, la Blanchisseuse de J.-B. Chardin, ainsi que toute une série d'oeuvres remarcables de N. Lancret, J.-B. Pater, N. Halle et J. M. Vien. En 1779, à la collection de portraits français de l'Ermitage s'ajouta le Portrait de Sir Robert Walpole, comte d'Orford de J.-B. Vanloo provenant de la collection Walpole acquise pour le Musée de l'Ermitage. En 1784, le Repos de Diane de C. Vanloo entra au musée avec la collection Baudouin. On faisait aussi l'achat, pour le musée, d'œuvres séparées ou d'ensembles de tableaux chez des particuliers et des marchands. En 1780, furent achetés chez Klostermann le Printemps et l'Eté de Lancret, Sultane prenant du café et Sultane travaillant à la tapisserie de C. Vanloo. Les deux dernières toiles avaient appartenu à la marquise de Pompadour et furent acquises après la vente de son frère, de Marigny * en 1782. En 1781, on acheta chez A. Teplov, le fils d'un fonctionnaire à la cour de Catherine II, des tableaux ayant appartenu à son père et parmi ceux-ci, une œuvre brilliante de Perronneau, le Portrait d'un garçon au livre, qui était alors attribué à J.-B. Greuze. En ce qui concerne plusieurs tableaux qui apparurent durant cette période à l'Ermitage, nous ne savons rien sur leur origine; il en est ainsi pour le Bénédicité de Chardin, le Savoyard de Watteau, la Pastorale de Boucher. Aux achats et acquisitions s'ajoutaient de nombreux tableaux faits sur commande et dont la plupart étaient des portraits destinés au décor des résidences impériales, mais qui ensuite trouvèrent place dans la collection de l'Ermitage. Ainsi, en 1773, Alizard et Thomire exécutèrent les portraits des membres de la famille royale française pour le palais de Tchesmé; en 1775, E. Vigée-Lebrun fit le portrait d'Elisabeth, la femme du futur empereur Alexandra Ier, et, un an plus tard, le portrait des deux filles de Paul Ier, Alexandra et Hélène, qui déplut à Catherine. L'Ermitage ne reçut pas d'accroissement de valeur durant le règne de Paul Ire (1796—1801). Ce dernier se souciait avant tout d'embellir ses résidences de Pavlovsk et de Gatchina. Une partie des tableaux qu'il acquit pour ces palais se trouvent à présent à l'Ermitage; citons parmi ceux-ci la Visite da curé à une veuve, l'une des œuvres les plus «morales» de Greuze; quatre panneaux décoratifs de H. Robert et quatre toiles de J. Vernet dont la plus célèbre est la Mort de Virginie inspirée par le roman de Rernardin de Saint-Pierre Paul et Virginie très à la mode à l'époque. Ce fut probablement Paul Ier, aimant particulièrement le genre du paysage, qui acheta deux petits paysages romains de J.-R. Lallemand et des tableaux de Ch.-Fr. La Croix, l'un des disciples de J. Vernet. La collection de l'Ermitage possède également plusieurs portraits commandés par Paul Ier; les plus intéressants sont ceux qu'exécuta J. L. Voille, artiste subtil et lyrique, qui vécut toute sa vie en Russie. Les meilleurs de ces portraits son ceux de la grande duchesse Natalie Alexeïevna, la première femme de Paul, et des enfants de l'empereur, Alexandre et Hélène (1792). Vigée-Lebrun continua à travailler sous le règne de Paul; elle réalisa notamment le portrait d'Elisabeth Alexeïevna et le portrait de l'impératrice Marie Feodorovna (1799). De nombreuses acquisitions de l'Ermitage, faites au début du XIXe siècle, furent le résultat de pourparlers commencés les années précédantes. Ainsi, en 1800, Vigée-Lebrun élue «associé libre de l'Académie» offrit à l'Académie des Beaux-Arts son Autoportrait. En 1802, on acheta et commanda à H. Robert toute une série de tableaux: une Fontaine dans les ruines, l'Arc sur le pont, les Peintres, Paysage avec un pont de pierre, Habitation rustique, Escalier à colonnes. La même année, A. Stroganov acquit pour l'Ermitage une rare œuvre de A. Favray, Intérieur de l'église Saint-Jean-de-Malte. Au début du XIXe siècle, le commerce des œuvres d'art se fit plus intense à Saint-Pétersbourg. C'est alors que l'on acheta chez le marchand Pirling plusieurs toiles de Vernet (l'Entrée dans le port de Palerme, Vue des environs de Città Nuova). Chez le comte de Narp on acquit également quelques tableaux de ce maître (ainsi que la toile de L. M. Bilcoq, le Vieux naturaliste). De 1810 à 1816, le baron Dominique-Vivant Denon, Directeur du Louvre, contribua activement à l'enrichissement des collections impériales; grâce à lui, on fit l'acquisition de l'œuvre de F. Lemoine, les Messagers de Godfroy de Bouillon chez Armide. En 1829, on fit l'acquisition de l'excellente collection ayant appartenu à la duchesse de Saint-Leu; cet ensemble contenait de œuvres remarquables de peintres français, et parmi ceux-ci la Famille du fermier de J.-H. Fragonard. Les années 1840—1850 furent marquées par deux événementsequi influèrent profondément sur la destinée de la collection de peinture français de l'Ermitage. Le premier fut l'organisation de la Galerie Romanov, c'est-à-dire la galerie des membres de la maison régnante. C'est ainsi que furent réunis au Palais d'Hiver les meilleurs portraits se trouvant jusque-là dans les résidences impériales. La collection de peinture française y gagna, car de remarquables toiles qui étaient auparavant dispersées se retrouvèrent rassemblées à l'Ermitage: les portraits de l'empereur Pierre Ier et de sa femme Catherine Ire de J. M. Nattier, celui de l'impératrice Elisabeth Petrovna de L. Tocqué, ceux d'Alexandre Ier et de sa sœur par J. L. Voille, les deux portraits d'Elisabeth Petrovna signés par Vigée-Lebrun, etc. Le second événement fut tragique pour le musée: il s'agit de la vente d'une partie de ses tableaux. Vers le milieu du XIXe siècle, la galerie de peinture de l'Ermitage abritait une grande quantité de tableaux de qualité fort médiocre dont on décida de se débarrasser. Malheureusement, le choix des pièces à vendre ne fut pas toujours heureux, car il était dicté par la mode et les goûts de l'époque. Ainsi, des œuvres de prix et même des chefs-d'œuvre furent vendus. La collection de peinture française du XVIIIe souffrit relativement peu de cette vente, mais elle perdit néanmoins de très belles œuvres: la Nature morte avec les attributs des Arts de Chardin, l'Amour aiguisant ses flèches de Natoire, la Tête d'Anacréon de Vien, des paysages de La Croix et de Servandoni et beaucoup d'autres encore que le musée réussit plus tard à récupérer, alors que certaines furent à jamais perdues. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les acquisitions de peintures françaises du XVIIIe siècle se font de plus en plus rares. Un important accroissement eut lieu pourtant avec l'achat de la collection du Musée Golitsyne à Moscou. Grâce à lui, l'Ermitage reçut toute une série d'excellentes œuvres de H. Robert: la Haie, les Ruines d'un temple dorique, le Paysage architectural avec un canal. Vers la même époque, s'y ajoutèrent d'autres toiles précieuses acquises pour l'Ermitage, mais qui se trouvaient jusqu'alors dans diverses résidences impériales: le Paysage avec un étang de Boucher (de Gatchina), le Portrait de Louis XV de Nattier (de Peterhof), le Baiser à la dérobée de Fragonard (en provenance du palais Lazienki à Varsovie). Au début du XXe siècle, les achats de tableaux se font encore plus rares. En 1910, l'Ermitage bénéficia du legs de la collection E. Liphart qui lui apportait notamment une belle étude de Subleyras. En 1915, le musée reçut par dispositions testamentaires la collection V. Zourov qui contenait le Rémouleur, attribué alors a Lépicié. La Grande Révolution d'Octobre modifia totalement la vie du Musée de l'Ermitage. Il reçut une grande quantité d'œuvres d'art provenant des nombreuses collections particulières nationalisées, et celles-ci comprenaient beaucoup de tableaux français du XVIIIe siècle. En 1922, on ouvrit une exposition consacrée à la peinture française des XVIIe et XVIIIe siècles. Dans les salles clu musée étaient rassemblées des œuvres venues à l'Ermitage en provenance des diverses collections impériales et privées. On comptait 75 toiles du XVIIIe siècle. Vers la même époque, le musée récupéra la Sainte famille et les Acteurs de la Comédie française de Watteau (de Gatchina); il reçut aussi sa Boudeuse (en provenance de la collection Stroganov). En 1920, l'Ermitage reçut à nouveau le triptyque de Pater que Catherine II avait offert au comte Orlov et qui se trouvait dans le Palais de Marbre; se triptique était alors attribué à Watteau. De la collection P. Dournovo entrèrent à l'Ermitage plusieurs tableaux remarquables: le Portrait d'une dame en gris de Nattier, la Fureur d'Achille de Coypel, l'Autoportrait de Greuze, des paysages de P. J. Volaire et de La Croix. La même année, le musée reçut de la collection Vorontsov-Dachkov les toiles des grandes séries de Natoire; l'Enlèvement d'Europe, Télémaque dans l'île de Calypso, les Nymphes brûlant les vaisseaux de Télémaque, ainsi que des œuvres de Le Prince, C. Vanloo et Vigée-Lebrun. La collection Chérémétiev fournit également de précieuses toiles, parmi lesquelles un excellent portrait du baron G. Stroganov par Vigée-Lebrun. La collection Narychkine enrichit le musée par des tableaux de Robert tels que la Pyramide de Cestius, la Vue de la Villa Madama et le Monument funéraire de Cecille Metella. En 1923, l'Ermitage reçut de l'ancienne collection Paskevitch l'illustre Enfant gâté de Greuze. Et pourtant, cette large exposition ne put embrasser tous les chefs-d'œuvre qui arrivèrent au Musée de l'Ermitage. En 1918, il avait reçu les portraits de la Galerie Romanov et, en 1922, de nombreux tableaux provenant de l'Académie des Beaux-Arts, c'est-à-dire des collections I. Chouvalov, A. Bezborodko, Moussine-Pouchkine-Bruce. Avec la collection Bezborodko, étaient entrées des œuvres remarquables, telles que Matinée à Castellamare et Cascatelle à Tivoli de J. Vernet, la Tête de jeune femme de Greuze et Apollon et Daphné de J. F. De Troy (attribué à Boucher dans les catalogues de la collection Bezborodko). En 1923, l'Ermitage s'enrichit de deux importantes collections, celles des Miatlev et celle d'Oliv. La première contenait principalement des portraits, notamment ceux des filles du régent de France, Philippe d'Orléans peints par P. Gobert et d'autres encore. La collection Oliv comprenait des chefs-d'œuvre de différents genres: la Vue des environs de Beauvais de Boucher, le Portrait du chanteur Jeliotte en Apollon de Tocqué, le Paysage avec la statue de Vénus et le monument de Marc Aurèle de Robert, le Portrait de 0. A. Gerebtsova et le Portrait d'une dame en bleu de L. Voille. Peu à peu, au cours des années 1925 — 1931, l'Ermitage accueillit de riches collections particulières constituées au XVIIIe siècle: les collections des Youssoupov, Chouvalov, Stroganov et Cheremetiev. Avec la collection A. Stroganov, l'Ermitage reçut Jésus marchant sur les eaux de Ch. La Fosse, la Mort de Lucrèce de Bon Boullogne, l'Enlèvement de Proserpine de De Troy, le Portrait du comte P. Stroganov enfant et un Panneau décoratif de Robert. L'entrée d'une partie de la collection N. Youssoupov fut particulièrement précieuse pour l'Ermitage. Cette collection fut répartie entre trois musées: celui de l'Ermitage, d'Arkhangelskoe et le Musée des Beaux-Arts Pouchkine à Moscou. L'Ermitage reçut le Baiser gagné de Fragonard, la Terrasse de Marly de Robert, la Madone de Lemoyne, la Scène galante dans un parc de Lancret, ainsi que des grands panneaux de Robert, de nombreuses marines de J. Vernet, des médaillons de Boucher et des tableaux d'artistes moins illustres, mais non moins intéressants: le Prince, Subleyras, etc. Entrèrent aussi des œuvres qui s'ajoutèrent plus tard à la collection Youssoupov et parmi elles, des tableaux de Robert, G. F. Doyen, J. Restout, Voille, Roucher et Vernet. En plus de ces collections, l'Ermitage reçut aussi des toiles de différents peintres dont il est impossible ici de donner rénumération complète. Nous ne mentionnerons que les plus intéressantes: le Chien attaquant un dindon (en provenance de la collection A. Roudanovski), le Portrait d'une dame inconnue avec un oiseau de L. M. Vanloo (de la collection Ferzen), le Portriit d'une jeune fille en chapeau de Voille (identifiée maintenant comme E. Stroganova, en provenance de la collection D. Guinsbourg), le portrait d'Ivan Chouvalov de Tocqué (de la collection D. Tolstoï), le portrait de la comtesse E. Golovkina du même artiste (de la collection D. Chtchoukine). L'origine de plusieurs tableaux qui entrèrent durant ces années à l'Ermitage, est difficile à identifier. En outre, le Musée de l'Ermitage reçut des diverses résidences impériales situées près de Leningrad plusieurs tableaux dont la Sainte famille et les Acteurs de la Comédie française de Watteau, David avec la tête de Goliath de J.-B. Nattier l'Aîné; un autoportrait de De Velly, Mars et Vénus de Vien, des toiles de Coypel, J. Vernet, J. F. Hue et Favray (en provenance du palais de Gatchina), ainsi que la Visite du curé à une veuve de Greuze (en provenance du palais de Pavlovsk). Mais le Musée de l'Ermitage ne se borna pas à augmenter ses collections grâce à des entrées effectués après la Révolution; il procéda aussi à une distribution de ses réserves entre les autres musées soviétiques. Il fallait notamment mettre sur pieds un musée de l'art occidental à Moscou. L'Ermitage transmit plus de 500 tableaux au Musée des Beaux-Arts Pouchkine. Cet ensemble comprenait des chefs-d'œuvre français du XVIIIe siècle: le Bivouac et le Malade imaginaire de Watteau, six tableaux de Boucher, des œuvres de C. Vanloo, Restout, J. Vernet, Vigée-Lebrun, etc. De nouveaux musées furent fondés et l'Ermitage leur remit une quantité importante de tableaux français. Au cours des années 1930 — 1940, les acquisitions de l'Ermitage se firent par l'intermédiaire de la Commission d'Achats. Par cette source, le musée obtint en 1936, de la collection M. Glazounov, le Portrait d'une inconnue de Vigée-Lebruu, se rapportant à la dernière période créatrice de l'artiste. L'année suivante, en provenance de la collection A. Tolstoï, le musée reçut l'Allégorie de la Charité de Lagrenée et Vénus et ses nymphes de F. Guérin, un maître presque oublié, dont l'Ermitage ne possédait aucune œuvre. En 1938, l'Ermitage acheta le Repos de Diane de Ph. Loutherbourg. En 1941, à la veille de la guerre, le musée acquit plusieurs toiles de Le Prince. La guerre interrompit toutes les activités du musée. Mais aussitôt après le retour d'évacuation de ses collections, l'Ermitage put présenter de nouvelles acquisitions: notamment l'Ermite, rare œuvre de Robert sur un sujet littéraire tiré de La Fontaine, le Portrait d'une inconnue en blanc de F. Drouais ayant appartenu au XIXe siècle à la collection Demidov de San-Donato, une belle esquisse de Vleighels pour son tableau la Rencontre de David et Abigaïl, ainsi que des œuvres de J. Vernet, Ch. La Fosse et Jean Pillement. Russian Art » Комментарии |
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